• Le Service des votations vit encore dans le passé...

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    Lorsque vous voulez déposer une prise de position lors d'une votation ou d'une élection, la première chose à faire est d'aller chercher un formulaire adéquat au Service des votations aux Acacias.

    Ce petit rituel peut paraître divertissant à certains, mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'une perte de temps qui est infligée aussi bien aux militants qu'aux travailleurs du Service des votations, dérangés tant et plus par les militants venus chercher une prise de position.

    Par pitié, qu'on leur permette de mettre enfin en ligne sur leur site les formulaires pour les prises de position, assez perdu de temps pour obtenir cette sainte paperasse !

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  • L'enquête maoïste

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    C'est en lisant un livre sur l'histoire du maoïsme français que je suis tombé sur une de leur pratique qui n'est pas inintéressante. Je veux parler de la pratique de l'enquête.
    Les maoïstes (qui étaient principalement des étudiants) avaient l'habitude d'aller enquêter auprès des ouvriers et des paysans pour apprendre auprès d'eux leur réalité et pour prendre conscience de l'état de leur adhésion à la révolution.

    Si cette pratique de l'enquête me semble aujourd'hui intéressante, c'est moins dans un but directement militant, que dans un but sociologique socialiste. Dans un pays où à peu près 75% des travailleurs travaillent dans le secteur tertiaire, et compte tenu de l'état du revenu et de la fortune des travailleurs, ainsi que du rapport de force capital-travail, il pourrait être intéressant de savoir ce que pensent les travailleurs de leur situation. Leur revenu leur convient-il ? Que pensent-ils de la répartition de la richesse en Suisse ? Qu'est ce que la gauche et la droite selon eux ? Comment vivent-ils leur relation avec leur patron ? Aimeraient-ils davantage de participation des travailleurs dans la prise de décision de l'entreprise ? Sont-ils syndiqués ? Que pensent-ils du capitalisme ? Etc.

    Il y aurait un intérêt certain je pense à pouvoir constater l'état d'esprit actuel des travailleurs par rapport à notre projet de société (et aux éléments qu'il implique en tant que prémisses culturels/politiques). 

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  • SPD – critère révolutionnaire – déterminisme – nouvelles théories – courants d'air marxistes

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    Un minimum de qualité nécessite un minimum de quantité, c'est pourquoi j'ai pensé obtenir un peu de qualité en brassant des quantités aux origines différentes.
    (Techniquement ce genre de procédé me permet de mettre certaines idées à plat.)


    SPD

    En 1918, la révolution allemande échoua à cause de la trahison du Sozialdemokratische Partei. Et dire que je considérais que sa rupture avec le socialisme datait de 1956 !

    Critère d'évaluation révolutionnaire

    Peut-on évaluer l'action militante et politique à l'aune du critère révolutionnaire ?
    Une action serait valable si, et seulement si, elle permettrait de faire avancer la révolution socialiste.
    A cela on devrait adjoindre une condition éthique, à savoir que l'action militante ne doit jamais contrevenir aux principes éthiques du socialisme.

    Les difficultés de ce critère résident dans son application à la théorie. Si la théorie est soumise au critère révolutionnaire, alors je suis certainement influencé (plus ou moins consciemment) dans ma production théorique par ce critère. Ainsi, ma théorie sur la nature de l’État pourrait être influencée par ma volonté de voir anarchistes et socialistes travailler ensemble (car cela va dans le sens du critère révolutionnaire davantage que le contraire évidemment). Influence peut-être problématique.

    Déterminisme

    Tout ce que nous faisons est-il déterminé ?
    Je considère que oui. Rien n'est contingent.
    Mais il est impossible d'appréhender l'ensemble des déterminismes pour déterminer la marche du monde par avance (car il y en a une infinité), toutefois, on peut en cerner un certain nombre pour essayer de faire des projections (c'est la science).
    Si tout est déterminé, alors la production des idées aussi est déterminée.
    Soumis aux mêmes déterminismes que moi, vous produiriez les mêmes idées.
    D'autres individus partageant aujourd'hui un assez grand nombre de déterminismes communs avec moi (nous vivons dans le même contexte de production d'idées), il est évident qu'un individu n'est jamais seul à avoir une idée (il peut être le seul à l'exprimer, à la diffuser, ou à la développer). D'où ce qu'on appelle communément la « conscience collective ».

    Apparition de nouvelles théories

    De nouvelles théories voient le jour, soit par hybridation de théories anciennes (mélange de partie d'anciennes théories), soit par le traitement de nouveaux objets (internet par exemple). C'est la thèse que défend Razmig Keucheyan.

    Les courants d'air marxistes

    Un auteur dont j'ai oublié le nom soutient que le marxisme est composé de courants chauds et de courants froids.
    Les courants chauds du marxisme ont comme caractéristique une tendance à un certain messianisme, à une forme de foi dans la réalisation de leur idéal.
    Les courants froids seraient plutôt du côté d'Engels, et de ce qu'on pourrait appeler le « socialisme scientifique ».

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  • L'Union des ouvriers de l'esprit ne sera pas...

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    Mon parti a refusé de soutenir le projet, une majorité de membres arguant que nous avions déjà trop de projets en cours.

     

    Sans le soutien de mon parti, il m'est impossible d'amener le projet devant les autres organisations de jeunesse de gauche.

    Et sans le soutien de ces organisations, difficile de trouver locaux et financement pour la bibliothèque militante.

     

    Les cercles d'études, de lecture, et de débat, pourront toutefois voir le jour (peut-être de manière séparée), des projets sont en gestation.

     

    Quant aux propositions de production théorique et analytique, j'ai bien peur que nous en restions à ce blog pour le moment...

     

    Une dernière possibilité réside dans la revue théorique critique. Cette dernière pourrait effectivement voir le jour en partant d'un groupe de militants directement.
    Une revue de ce type pourrait être soutenue par les organisations de jeunesse de gauche (voire au-delà). 

    Je vais creuser dans cette direction.

  • Génération révolutionnaire ?

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    Il est probablement très osé, et très hasardeux, de tenter une hypothèse sur quelque chose comme une ou des générations, tant le niveau de généralisation est élevé.

    Mais la question mérite d'être posée : est-ce que l'état actuel de la situation politique, et particulièrement de la sphère idéologique, n'est pas le résultat des deux dernières générations qui ont précédé la mienne ?
    Cela semble évident.
    Pourtant, les implications sont intéressantes.

    La génération des 60 ans, née en 1950, est cette génération qui a eu 20 ans en 1970. C'est la génération qui a échoué après une dernière vague révolutionnaire dont l'apothéose fut l'année 1968. C'est la génération de militants qui a cru successivement en l'URSS, puis en la Chine maoïste, puis dans le Cuba guévariste, etc.
    Tant de faux modèles, et par conséquent, tant de déceptions.
    Une génération de l'échec et du renoncement ?
    Il y a de bons contre-exemples (mort au généralisations me direz-vous alors).

    La génération des 40 ans, née en 1970, est cette génération qui a eu 20 ans en 1990.
    C'est la génération qui a assisté à la chute du Mur, à l'effondrement de l'URSS, au passage de la Chine à un capitalisme décomplexé, à l'affaiblissement du mouvement ouvrier, et qui a subi la propagande libérale victorieuse.
    Peut-on la considérer comme une génération sans utopies ?
    Il y a aussi de bons contre-exemples.

    La génération des 20 ans, née en 1990, est cette génération qui a 20 ans aujourd'hui.
    C'est ma génération. Et elle est révolutionnaire, même si vous ne le savez pas encore.
    Nous n'avons jamais connu comme réalité mondiale que le capitalisme. Nous avons eu droit à la crise de 2007-2008, puis à la crise de la dette. Nous avons assisté aux révolutions au Moyen-Orient et en Afrique du nord. Nous avons participé au mouvement des Indignés et à Occupy the world. Pour nous, l'URSS et consort ne sont que de vielles dictatures poussiéreuses, notre socialisme est novateur et libérateur, il n'a plus aucune attache avec le passé des échecs et des erreurs.

    Donnez-nous encore une ou deux générations aussi libérées idéologiquement que nous le sommes, et nous l'aurons notre révolution.



  • La révolution socialiste avec l'anarchisme

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    Mon excellent camarade et ami, Philippe Berger, fin explorateur de la philosophie politique, bon théoricien, a publié dans la Cuite Finale numéro 7, le journal de la Jeunesse Socialiste Genevoise, un article où il questionne les liens entre socialisme et anarchisme. Je le remercie d'avoir abordé cette question qui m'a aussi intéressé ces derniers temps, et je souhaite présentement commenté la thèse qu'il défend, à savoir que la révolution socialiste entre en opposition avec l'anarchisme.

    « La thèse de l’« extinction de l’État » de Marx et Engels se verra largement définie par ceux-ci et redéfinie par Lénine et Gramsci, sous le poids des 
    faits concrets. »

    Cette affirmation est extrêmement vrai. Si on prend seulement Marx, ce dernier affirme la nécessité de la prise de pouvoir des travailleurs dans le Manifeste du Parti Communiste, mais va préciser sa position après l'expérience de la Commune de Paris en ajoutant que l’État bourgeois (capitaliste) doit être détruit pour qu'une nouvelle forme d’État puisse le remplacer, l’État prolétarien.

    « S’ils vont toujours souhaiter l’extinction de l’État en tant qu’outil d’une domination de classe et pur outil de répression, ils vont opérer des distinctions dont l’anarchisme ne va pas s’embarrasser. »

    Le problème du marxisme c'est justement les limites de sa définition de l’État en tant qu'outil de domination de classe, ou en tant qu'expression super-structurelle de la lutte des classes. Cela implique que dans la société sans classe il n'y a effectivement plus d’État (puisque plus de lutte des classes), et c'est une conception complexe pour la majorité de nos contemporains.

    « Engels, par la critique de la libre-concurrence telle que la pratiquait l’Angleterre au milieu du 19e siècle (« La libre-concurrence se trouverait au dernier degré de perfection dans un arrangement privé d’État, où chacun pourrait exploiter l’autre selon son plaisir »), assigne à l’État un rôle différent que celui de l’État répressif. Cela même renvoyant à la distinction entre le court-terme et le long-terme. Si le socialisme souhaite l’extinction de l’État dans le long-terme, il faut d’abord changer l’État, pour, dans le concret, intervenir dans la sphère économique et mener ainsi à ce qui va être l’abolition des classes. »

    Changer l’État certes, mais de quel État parle-t-on ?
    En effet, Marx, Engels, et Lénine, affirment tous trois la nécessité de supprimer l’État bourgeois (capitaliste), de le détruire, pour le remplacer par un autre État, l’État prolétarien (qui correspond à la Commune). Une partie des causes de l'échec de l'URSS réside d'ailleurs sûrement dans l'incapacité des bolcheviques à supprimer l’État bourgeois et à se passer de ses restes (notamment de la bureaucratie).
    Il y a donc destruction de l’État capitaliste, et formation simultanée d'un nouvel État composé des conseils (eux-mêmes composés des comités ouvriers). C'est en cela je pense qu'est le changement d’État par le processus révolutionnaire.
    Mais ce nouvel État prolétarien est selon moi identique pour les anarchistes (qui ne l'appelle pas État) et pour les socialistes (qui l'appellent État), puisqu'il correspond à l'exemple de la Commune, dont tous, anarchistes comme socialistes, font un exemple de l'application de leur doctrine.

    « Ils attaquent l’anarchiste Bakounine qui, quant à lui, ne prend pas la peine de décortiquer les différents visages de l’État et en fait « L’État abstrait, l’État en tant que tel, l’État, qui n’existe nulle part, ou dans les nuages seulement ». Engels réfute en particulier la croisade anarchiste contre le principe d’autorité en tant que tel, alléguant des cas exceptionnels, comme la première phase de la mise en place du socialisme, qui peuvent exiger, comme dans un bateau traversant une tempête, « l’obéissance absolue de tous à la volonté d’un seul » (le capitaine, métaphore de l’avant-garde du prolétariat). »

    Mais n'est-ce pas encore une fois un bon exemple des causes de l'échec de l'URSS ? Les avant-gardes ne mènent-elles pas justement au bureaucratisme et à la dictature ? N'est-ce pas contradictoire avec la nécessité d'une révolution populaire (impliquée dans la réalisation du socialisme) ?

    « Il rapporte aussi la faible réponse que lui font les anarchistes : « Ah c’est vrai, mais il ne s’agit pas ici d’une autorité que nous avons déléguée mais d’une 
    charge ! » Avant d’ajouter la conclusion qui s’impose à ces propos : « Ces messieurs croient qu’ils ont changé les choses quand ils ont changé les noms. »

    Ce commentaire d'Engels nous montre qu'il n'y a justement pas de différence (autre que le nom) entre le mandat impératif anarchiste et les principes socialistes par lesquels Marx et Lénine ont défini la gestion de l’État prolétarien (électivité, révocabilité, salaire ouvrier).

    « Lénine milite aussi pour l’extinction de l’État, au sens d’outil violent de domination de classe. »

    Sur le long terme certes.

    « Il fait également une distinction aussi entre le court et le long-terme : « Nous ne sommes pas des utopistes. Nous ne « rêvons » pas de nous passer d’emblée de toute administration, de toute subordination ; ce sont des rêves anarchistes. » Après la Révolution d’octobre cependant, confronté plus que jamais à des problèmes d’organisations 
    concrets, il se distancie de ses propres thèses anarchisantes. »

    Totalement d'accord. Peut-être qu'il n'aurait justement pas dû !

    « Il parle ainsi de s’engager dans la « construction de l’État », c’est-à-dire, « édifier un appareil vraiment neuf, et qui mérite véritablement le nom d’appareil socialiste ». »

    Oui, mais pour pouvoir réussir à bâtir un véritable État prolétarien, il eut fallu d'abord détruire l’État bourgeois.

    « Il est conscient qu’il s’agit d’une tache qui demande « beaucoup, beaucoup, beaucoup d’années » (sic !). Il oppose cet État au vieil appareil d’État « capitaliste et bureaucratique. »

    Qu'il eut fallu détruire...

    « Gramsci, qui fait sien les objectifs du jeune État socialiste en Russie, considère le socialisme non comme un processus d’extinction de l’État, mais comme la construction de « l’État social du travail et de la solidarité ». »

    Selon le sens que l'on donne au mot État les deux ne s'opposent pas.
    Si l’État est uniquement expression de la lutte des classes, outil de domination de classe, alors l’État disparaît avec l'avènement de la société sans classe. Mais si l’État est, comme je l'ai défini, la matérialisation du principe d'organisation, alors oui, l’État existe toujours.

    « Il finit même par prendre acte que l’État et la société en tant que concepts et en tant qu’objets pratiques sont indissociables, tout en dissociant « l’État-caserne » pré-révolutionnaire de « l’État-société » qu’il appelle de ses vœux et qu’il voit comme « une garantie de permanence et de succès pour toute activité sociale » (en opposition avec la libre-concurrence et le laisser-faire qui dévore les humains comme le montre Engels). »

    Idem.

    « L’homme tellement attaché à ne pas créer un messianisme à partir du socialisme s’attaque au soit disant lien entre anarchisme et socialisme : « On a construit un schéma préétabli, selon lequel le socialisme serait une « passerelle » vers l’anarchisme : c’est un préjugé stupide, une hypothèque arbitraire sur le futur ». Il y a chez lui toujours le refus d’un certain « mécanisme » socialiste, réponse erronée à la « nature » des libéraux. »

    Je considère plutôt que socialisme et anarchisme sont la même finalité de mouvements différents (et de conceptions idéologiques différentes).

    « L’anarchisme n’est pas seulement accusé d’utopisme et d’hypocrisie, mais il est encore accusé d’être le descendant du libéralisme : « dans la dialectique des idées, c’est l’anarchie qui continue le libéralisme, non le socialisme », nous dit Gramsci, parce que « toute la tradition libérale est contre l’État ». »

    Je dirais qu'il s'agit là soit de propagande, soit d'une confusion avec les anarchistes libéraux.

    « Gramsci note enfin que les anarchistes, de par leur utopisme, sont en définitive les gardiens de l’État pré-révolutionnaire. Il voit leur « anti-étatisme primitif et élémentaire » comme « une expression d’apolitisme », et donc « de renonciation, d’acceptation et d’intériorisation d’une situation de subalternité » (par rapport à l’ordre établi). »

    C'est peut-être là un point où je serais quelque peu d'accord.
    Les anarchistes sont bien souvent un peu dogmatiques (mais pas tous) quant à l’État.

    « Alors que pour Marx « la conquête des droits politiques (suffrage universel, liberté de la presse, liberté d’association et de réunion publique etc.) » est considérée « comme condition préliminaire et indispensable à l’émancipation économique des travailleurs », pour Bakounine ces droits politiques viennent de l’État, et ne sont donc qu’une vieillerie « bourgeoise ». »

    Bakounine se montre quelque peu dogmatique sur ce point certes.

     

    « Ainsi, tandis que le socialisme nous invite à établir un « État éthique » qui serait la société civile elle-même, où se construit à chaque instant la liberté et l’égalité et où cet État en est la garantie, l’anarchisme, nous invite soit à une passivité moqueuse et cynique envers cet effort de changement qui n’est que « bourgeois », soit à une libération des instincts violents, qui en fait la meilleure excuse de répression de l’État-caserne. »

    Cette conclusion est uniquement tirée des deux derniers paragraphes. Je trouve qu'elle réduit quelque peu la doctrine anarchiste à une simple question d'approche tactique (comment agir par rapport à l’État). 

    *

    Alors que nous sommes passablement marginalisés, l'heure est à l'union des socialistes, avec les communistes, et les anarchistes.  
    Et quand on lit la citation ci-dessous, on voit bien comme les différences sont ténues. En outre, l'échec du marxisme-léninisme doit nous amener à considérer d'autres variantes du socialisme, comme le socialisme conseilliste, le socialisme libertaire, ou encore le socialisme castoriadien. 
    Pour une défense plus large de la ressemblance entre socialisme et anarchisme, rendez-vous ici.

    « La société, qui réorganisera la production sur la base d'une association libre et égalitaire des producteurs, reléguera toute la machine de l’État là où sera dorénavant sa place : au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze. »

    Friedrich Engels   

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  • Pour la création d'une « Union des ouvriers de l'esprit »

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    La tentative que j'avais essayé de lancer avec la fondation du Cercle Gramsci s'était heurté à un manque de précision dans la définition de ses objectifs et de ses modalités qui avait conduit à son abandon.

    Je pense cependant aujourd'hui être en mesure de relancer ce projet sous une nouvelle forme. Développement.

    J'ai d'ores et déjà constaté les lacunes dans la formation théorique des militants par les partis politiques (y compris ceux dont je suis membre).
    Je fais en outre le constat que du fait de cet abandon partiel par les partis de la formation théorique des militants, il est peu aisé pour les militants de se former par eux-mêmes (ce qui implique un certain nombre d'éléments problématiques dont j'ai déjà parlé).

    Par conséquent, je pense que nous devrions créer une organisation chargée de deux tâches importantes.
    Tout d'abord, la constitution progressive et l'entretien d'une bibliothèque militante sur le socialisme, le communisme, l'anarchisme, et l'écologie politique, qui serait mise à la disposition de tous les militants adhérant à ces courants.
    Une telle bibliothèque pourrait être co-financée par l'ensemble des organisations politiques de gauche du canton. Concernant les locaux, il faudrait qu'une de nos organisations se dévoue pour abriter cette bibliothèque.

    Ensuite, cette organisation devrait avoir pour tâche de produire du matériel théorique (et non du matériel direct de propagande) servant à analyser et appréhender la société actuelle, tout autant qu'à proposer des solutions aux défis contemporains auxquels fait face le mouvement d'émancipation.

    Une tâche subsidiaire pourrait résider dans l'organisation de débat, ou de cercle d'étude et/ou de lecture (sur le modèle par exemple du cercle de lecture marxiste qui a été actif toute cette année scolaire passée).

    Je propose donc de créer cette organisation sous le nom d'Union des ouvriers de l'esprit, une formule que j'emprunte au porte parole des Jeunes du Parti Ouvrier Populaire de Neuchâtel, Quentin Stauffer.
    J'apprécie en effet cette expression car elle donne une connotation non élitaire à la réflexion théorique qui me parle assez.

    Une telle organisation ne représenterait pas uniquement un moyen pratique (formation des militants), mais aussi une offensive intellectuelle, et idéologique (et par conséquent, in fine, politique), afin de ne plus laisser le champ idéologique (et donc culturelle et sociale) aux idéologues du capitalisme.

  • Misère du socialisme

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    Lorsque je vois des membres (et des candidats) de la gauche radicale défendre le petit patronat, en faisant l'éloge du petit patron "honnête et social", je me pose des questions sur l'état du socialisme contemporain...

    Certes, que des petits patrons se joignent à la lutte socialiste est quelque chose de très bien, mais de là à se mettre à faire du petit patron un rouage de la société socialiste, c'est littéralement abandonner le socialisme.
    Car patronat et salariat sont aussi inséparables qu'en opposition avec le projet socialiste d'une société sans classes.

    Misère du socialisme donc...  

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  • Dépasser les trois fléaux du socialisme : l'électoralisme, le sectarisme, et le concurrentialisme

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    Camarades socialistes, communistes, et anarchistes,

    Nous faisons aujourd'hui face à bon nombre d’embûches et de difficultés dans notre volonté de transformation sociale, et nous pouvons expérimenter la dureté du rapport de force, que ce soit au niveau genevois, romand, suisse, européen, ou international ; partout l'hégémonie capitaliste fait peser sur nous sa chape de plomb culturelle, morale, idéologique, politique, et économique.
    Toutefois, ces difficultés "externes" trouveront leur résolution dans la construction d'un mouvement de transformation sociale.

    Le problème, c'est que pour construire un mouvement de transformation sociale, il nous faudra nous confronter aux trois fléaux du socialisme : l'électoralisme, le sectarisme, et le concurrentialisme.

    L'électoralisme n'est rien d'autre que ce "bon" vieux réflexe réformiste qui pousse la social-démocratie (et parfois aussi la gauche radicale) a abandonné tout programme de transition, toute conscience socialiste de la transformation sociale, pour s'enfermer dans la croyance que 1% (ou 3'000'000%) de plus aux prochaines élections, nous permettra de réaliser le socialisme (je ne vais pas m’appesantir là-dessus, j'ai déjà expliqué pourquoi dans mes derniers billets). On notera toutefois que je ne remets pas en question le fait de faire campagne lors d'élections ou d'essayer d'avoir le maximum d'élus, mais bien le fait de croire que c'est ainsi que nous réaliserons le socialisme (ce point est essentiel, car selon la foi ou l'athéisme que nous mettons dans l'électoralisme nous axerons différemment notre action politique et notre militantisme, l'action non électoraliste s'envisageant en tant que processus à construire, et non en tant qu'événement unique à gagner de manière répétée comme l'élection).

    Le sectarisme est cette terrible tendance (qu'on retrouve de manière récurrente chez certains pans de la gauche radicale) qui pousse des militants à s'enfermer dans un dogmatisme idéel, coupé de la pratique militante efficace, de l'état réel de la lutte des classes, et de la réalité du rapport de force en présence. Lénine a bien écrit à ce sujet dans ces texte sur le gauchisme. Un socialisme critique est une nécessité pour dépasser ce genre d'enfermement qui affaiblisse le mouvement d'émancipation, et empêche la construction d'un mouvement de transformation sociale réunissant les socialistes de toutes tendances (conseillistes, marxistes, anarchistes, libertaires, trotskistes, etc.) 

    Le concurrentialisme enfin, est un cousin du sectarisme croisé avec des réflexes électoralistes. Plus exactement, c'est la tendance de certains groupements à se penser (puis à se vivre et à s'organiser) comme étant en concurrence avec les autres tendances du socialisme (plus les groupements sont idéologiques proches, plus la concurrence se renforce dans ces cas-la dans cette logique...) 
    Cette tendance nuit évidemment elle-aussi à la construction d'un mouvement de transformation sociale en éparpillant et affaiblissant les militants socialistes.

    En dépassant ces trois fléaux, nous réglerons les problèmes internes (au mouvement socialiste), et nous donnerons les moyens de réaliser le socialisme. 



     

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  • Carnet de notes (III)

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    Quelques jours après sa création, je sens bien que j'ai trouvé une bien bonne nouvelle forme d'écriture et de publication avec ce carnet de notes. J'en profite pour remercier Laurent Galley qui m'a donné l'idée d'un carnet en complément à mon blog principal.
    Mon rythme de publication est ainsi bien plus fourni et mon écriture bien plus fluide. J'ai enfin pu débloquer un certain nombre de problèmes que j'avais accumulé sous forme de brouillons et de notes non publiées (et donc bien souvent d'interrogations non posées et non résolues).
    Bref, bilan positif.

    A vrai dire,  je considère que ce carnet de notes correspond à l'extension de mon champ de recherche.
    De mes 18 ans à mes 20 ans, j'ai appris le militantisme sur le terrain, puis de mes 20 ans à mes 22 ans, j'ai cherché à savoir ce qu'était le socialisme et à comprendre réellement le monde dans lequel nous vivons, et j'ai ainsi découvert la philosophie politique (et par la même occasion j'ai abandonné l'étude de la science politique pour des études en philosophie et en histoire).
    A présent, je complète cette réflexion théorique par une réflexion sur la méthode, ou autrement dit, sur comment nous réaliserons le socialisme. 

    Mais cette réflexion méthodologique n'est pas une réflexion idéelle, mais bien une réflexion pratique constamment en interaction et en débat avec les militants qui m'entourent.
    Ce tout, militantisme de terrain, philosophie politique, et réflexion tactique, est ce que j'appelle, le socialisme critique.  

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  • Objectivisme vs subjectivisme

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    Il est assez commun aujourd'hui à gauche de se dire subjectiviste (on emploie souvent le mot "relativiste" comme équivalent). Le tiers-mondisme étant passé par là, on considère généralement en effet que toutes les sociétés se valent.
    Le raisonnement étant que toutes les sociétés ont des cultures différentes avec des moeurs et des valeurs différentes, et que par conséquent aucune ne peut prétendre l'emporter en valeur sur les autres. 
    Cette réflexion qui se veut anti-occidentalocentrisme et anti-européocentrisme a donc des racines généreuses allant dans le sens de l'égalité entre les peuples et entre les pays.

    Malheureusement, ce raisonnement est faux, et non seulement il est faux, mais en plus ces implications sont plutôt assez problématiques. 
    Car du moment qu'on affirme que toutes les sociétés se valent, alors cela implique qu'une dictature ou une théocratie vaut aussi bien qu'une démocratie libérale ou qu'une société socialiste. 
    Mais ce n'est pas le pire. Le pire, c'est que du moment que toutes les sociétés se valent, alors pour quelle raison continuerait-on de faire de la politique ? Le militantisme (socialiste) vise à la transformation de la société, à la construction d'une autre société. Si toutes les sociétés se valent, alors pourquoi cherchons-nous à instaurer une société particulière (une société idéale) ? Nous n'avons qu'à nous adapter à la société en place, et à apprendre à aimer ses moeurs et ses valeurs...

    On voit donc bien les gros problèmes que pose le positionnement subjectiviste. Et c'est pareil si on l'applique aux valeurs. Dira-t-on que tuer n'est pas éthiquement condamnable parce que simplement relatif aux moeurs d'une société ? 

    Le positionnement objectiviste a ceci de positif qu'il permet d'affirmer qu'un tel modèle de société est valable (pour un ensemble de raisons, comme celles que je développe pour défendre l'excellence de la société socialiste), et ce de manière universel, en tous temps et en tous lieux.
    Ainsi on peut affirmer (avec argumentation à l'appui) la supériorité de la démocratie libérale sur la dictature, ou la supériorité de la démocratie socialiste sur la démocratie libérale. On peut aussi condamner le fait de tuer en se basant sur des valeurs universelles, et affirmer que faire de la politique a du sens, car nous nous battons bel et bien pour un modèle de société universellement valable.

    Voilà pourquoi, le socialisme critique doit être objectiviste.









     

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Mon carnet de notes me sert à préciser ma réflexion à côté de mon blog principal