15/05/2016

La faille épistémologique demeure : une réponse à Vincent Roldana

 

 

Je remercie Vincent Roldana d'avoir pris le temps de réagir à mon billet sur le subventionnement des arts (de la culture). Je tiens à dire d'abord que la position que j'y défendais n'était pas subjectiviste quant à la valeur d'une œuvre d'art. Au contraire, j'y présentais d'abord la position subjectiviste avant d'aborder plus longuement la position objectiviste quant à la valeur d'une œuvre d'art, qui, bon gré mal gré, est la mienne.


Revenons à présent sur ses arguments principaux.

 

« Seulement, une subvention n’a pas pour finalité de récompenser le mérite ou le talent du subventionné. Au contraire, la subvention sera accordée à celui ou celle qui remplit des critères qui, eux, sont objectifs. »

Fort bien, mais alors, quels sont ces critères objectifs ? Et deuxièmement, qu'est ce qui peut nous laisser penser que les politiciens élus sont compétents pour déterminer ces critères objectifs et pour voir qui les incarnent le mieux dans le monde artistique ? N'est-ce pas là préjuger abusivement de leurs compétences artistiques ?

« De plus, son but n’est pas méritoire, mais solidaire. L’on donne pour aider, pas parce que le requérant le mérite plus que les autres. »

Mais dans ce cas, qui faut-il aider parmi les artistes ? Et, au fond, qu'est ce qu'un artiste ? Beaucoup de courants de réflexion autour des arts pensent que tout le monde peut potentiellement être ou devenir un artiste. Si c'est le cas, faut-il solidairement distribuer une subvention  à tout le monde ? Si non, on en revient à l'épineuse question de déterminer comment distribuer les subventions et la boucle est bouclée.

Je crois que sur ce dernier point il y a confusion entre assistance aux précaires et aux pauvres et subventionnement des arts. C'est la fonction de l'Hospice Générale que d'assurer (sous certaines conditions) subsistance aux plus précaires et aux plus pauvres, non aux subventions artistiques.

 

Je maintiens donc mon point : il nous faut des critères pour déterminer à qui donner les subventions aux arts et les politiciens ne sont pas compétents pour les déterminer ou pour déterminer à qui ils s'appliquent.

 

 

 

14:30 Écrit par Adrien Faure dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

11/09/2014

Art et beauté

Il me semble noter une convergence de vues entre les différents objectivismes esthétiques que je connais (Roger Pouivet, Ayn Rand, et Albertine Schellenberg). Chacun d'entre eux considère que chaque élément de x (où x est beau) est nécessaire à x. Autrement dit, c'est le critère de la nécessité qui détermine largement le concept de beauté. X est beau parce que chacune de ses parties est nécessaire et suffisante. Enlever les ailes du papillon, l'éclairage adéquat, et x n'est plus beau... 

L'erreur de Rand réside dans l'idée que tout oeuvre d'art devrait être belle. L'art n'a pas à être beau. Il peut être beau, mais les critères déterminants (originalité/innovation et rigueur/cohérence) sont liés au but de l'art qui n'est pas de créer la beauté, mais de poser des questions sur le monde en le figurant. Il faudra que je développe ce point évidemment.

23:38 Écrit par Adrien Faure dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg