01/09/2013

Dépasser les trois fléaux du socialisme : l'électoralisme, le sectarisme, et le concurrentialisme

Camarades socialistes, communistes, et anarchistes,

Nous faisons aujourd'hui face à bon nombre d’embûches et de difficultés dans notre volonté de transformation sociale, et nous pouvons expérimenter la dureté du rapport de force, que ce soit au niveau genevois, romand, suisse, européen, ou international ; partout l'hégémonie capitaliste fait peser sur nous sa chape de plomb culturelle, morale, idéologique, politique, et économique.
Toutefois, ces difficultés "externes" trouveront leur résolution dans la construction d'un mouvement de transformation sociale.

Le problème, c'est que pour construire un mouvement de transformation sociale, il nous faudra nous confronter aux trois fléaux du socialisme : l'électoralisme, le sectarisme, et le concurrentialisme.

L'électoralisme n'est rien d'autre que ce "bon" vieux réflexe réformiste qui pousse la social-démocratie (et parfois aussi la gauche radicale) a abandonné tout programme de transition, toute conscience socialiste de la transformation sociale, pour s'enfermer dans la croyance que 1% (ou 3'000'000%) de plus aux prochaines élections, nous permettra de réaliser le socialisme (je ne vais pas m’appesantir là-dessus, j'ai déjà expliqué pourquoi dans mes derniers billets). On notera toutefois que je ne remets pas en question le fait de faire campagne lors d'élections ou d'essayer d'avoir le maximum d'élus, mais bien le fait de croire que c'est ainsi que nous réaliserons le socialisme (ce point est essentiel, car selon la foi ou l'athéisme que nous mettons dans l'électoralisme nous axerons différemment notre action politique et notre militantisme, l'action non électoraliste s'envisageant en tant que processus à construire, et non en tant qu'événement unique à gagner de manière répétée comme l'élection).

Le sectarisme est cette terrible tendance (qu'on retrouve de manière récurrente chez certains pans de la gauche radicale) qui pousse des militants à s'enfermer dans un dogmatisme idéel, coupé de la pratique militante efficace, de l'état réel de la lutte des classes, et de la réalité du rapport de force en présence. Lénine a bien écrit à ce sujet dans ces texte sur le gauchisme. Un socialisme critique est une nécessité pour dépasser ce genre d'enfermement qui affaiblisse le mouvement d'émancipation, et empêche la construction d'un mouvement de transformation sociale réunissant les socialistes de toutes tendances (conseillistes, marxistes, anarchistes, libertaires, trotskistes, etc.) 

Le concurrentialisme enfin, est un cousin du sectarisme croisé avec des réflexes électoralistes. Plus exactement, c'est la tendance de certains groupements à se penser (puis à se vivre et à s'organiser) comme étant en concurrence avec les autres tendances du socialisme (plus les groupements sont idéologiques proches, plus la concurrence se renforce dans ces cas-la dans cette logique...) 
Cette tendance nuit évidemment elle-aussi à la construction d'un mouvement de transformation sociale en éparpillant et affaiblissant les militants socialistes.

En dépassant ces trois fléaux, nous réglerons les problèmes internes (au mouvement socialiste), et nous donnerons les moyens de réaliser le socialisme. 



 

21:15 Écrit par Adrien Faure dans Fléaux du socialisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg