16/09/2013

Génération révolutionnaire ?


Il est probablement très osé, et très hasardeux, de tenter une hypothèse sur quelque chose comme une ou des générations, tant le niveau de généralisation est élevé.

Mais la question mérite d'être posée : est-ce que l'état actuel de la situation politique, et particulièrement de la sphère idéologique, n'est pas le résultat des deux dernières générations qui ont précédé la mienne ?
Cela semble évident.
Pourtant, les implications sont intéressantes.

La génération des 60 ans, née en 1950, est cette génération qui a eu 20 ans en 1970. C'est la génération qui a échoué après une dernière vague révolutionnaire dont l'apothéose fut l'année 1968. C'est la génération de militants qui a cru successivement en l'URSS, puis en la Chine maoïste, puis dans le Cuba guévariste, etc.
Tant de faux modèles, et par conséquent, tant de déceptions.
Une génération de l'échec et du renoncement ?
Il y a de bons contre-exemples (mort au généralisations me direz-vous alors).

La génération des 40 ans, née en 1970, est cette génération qui a eu 20 ans en 1990.
C'est la génération qui a assisté à la chute du Mur, à l'effondrement de l'URSS, au passage de la Chine à un capitalisme décomplexé, à l'affaiblissement du mouvement ouvrier, et qui a subi la propagande libérale victorieuse.
Peut-on la considérer comme une génération sans utopies ?
Il y a aussi de bons contre-exemples.

La génération des 20 ans, née en 1990, est cette génération qui a 20 ans aujourd'hui.
C'est ma génération. Et elle est révolutionnaire, même si vous ne le savez pas encore.
Nous n'avons jamais connu comme réalité mondiale que le capitalisme. Nous avons eu droit à la crise de 2007-2008, puis à la crise de la dette. Nous avons assisté aux révolutions au Moyen-Orient et en Afrique du nord. Nous avons participé au mouvement des Indignés et à Occupy the world. Pour nous, l'URSS et consort ne sont que de vielles dictatures poussiéreuses, notre socialisme est novateur et libérateur, il n'a plus aucune attache avec le passé des échecs et des erreurs.

Donnez-nous encore une ou deux générations aussi libérées idéologiquement que nous le sommes, et nous l'aurons notre révolution.



13:36 Écrit par Adrien Faure dans Génération révolutionnaire | Lien permanent | Commentaires (14) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg