11/09/2014

Note sur l'activité philosophique

Contrairement à Deleuze, je ne considère pas que le but de l'activité philosophique consiste à produire/créer/inventer des concepts. Au contraire, je considère plutôt comme Wittgenstein que le but de l'activité philosophique réside dans le travail de clarification des concepts, du langage, et de la pensée*. Concrètement, cela signifie il me semble que l'activité philosophique se traduit par un travail de définition des termes et des choses qui existe. A mon humble avis, beaucoup de débats portent justement sur le sens que x donne à A. La défense argumentée logiquement valide (la défense d'une thèse) que le sens x de A est juste est donc une part de l'activité philosophique.

Une autre part de l'activité philosophique réside (et cela est reconnu depuis Rawls) dans l'éthique normative, soit dans l'activité de défense de ce qui devrait être (philosophie éthique**, philosophie politique).

L'ensemble de ces activités constitue la recherche de la vérité, qui est il me semble le but de la philosophie. 

*Le langage permet l'étude de la pensée. La logique est le cadre limite (le champ des possibilités) de la pensée. Depuis 1980 on étudie toutefois directement la pensée (cf. philosophie de l'esprit et des émotions). 

**On peut différencier une philosophie éthique normative d'une philosophie méta-éthique qui se contente de définir les concepts éthiques. 

22:39 Écrit par Adrien Faure dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

18/10/2013

La philosophie est subversive



La semaine passée, j'étais en cours de philosophie antique en train d'étudier la conception de la justice de Platon dans la République, et nous avons abordé (livre I) les premières définitions de la justice que proposent certains des intervenants du dialogue.
L'une d'entre elles établissait que l’État juste est l’État qui ne permet à nul citoyen d'avoir davantage de pouvoir que d'autres, et que par « pouvoir » il entendait aussi richesse et argent. L'intervenant du dialogue de Platon ajoutait que ce n'était certes pas le cas aujourd'hui (c'est à dire à l'époque de la Grèce antique).

Ce qui est intéressant, c'est qu'à ce moment-la du cours, une élève s'est écriée que de nos jours, à Genève, nous vivions exactement la même situation. Elle s'élança ensuite dans un diatribe indigné contre les riches, les augmentations des cotisations à l'assurance maladie, le niveau très élevé des loyers qui allait dans la poche des propriétaires, etc.
Pour conclure l'anecdote, le professeur proposa alors (de manière amusée) au reste de la classe de commencer une révolution dans la classe même.

L'intérêt de cette réaction tient dans le fait qu'elle démontre ce que je supposais : la philosophie est subversive.
L'étude de la philosophie ne peut que mener à une position critique envers la société contemporaine. Nous devons donc voir dans la philosophie un outil de transformation social (dans une optique gramscienne), à même de briser le consensus social-libéral actuel. Il nous faut aussi réfléchir à comment produire du contenu philosophique capable d'intéresser le grand public (une position qui s'inscrirait aussi dans celle défendue par l'association des étudiants en philosophie de Genève, Phileas). 

13:37 Écrit par Adrien Faure dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg