18/11/2013

Romantisme versus socialisme scientifique

J'ai envie de compléter avec cette note mes deux dernières publications sur mon blog principal concernant le romantisme.

Je pense qu'il faut ajouter quelque chose d'important concernant le militant révolutionnaire (disons le jeune militant révolutionnaire puisque c'est l'exemple que je connais le mieux), c'est qu'il est probablement traversé par deux faisceaux différents, et relativement complémentaires.

Un faisceau de la raison, ou autrement dit, un socialisme aux prétentions scientifiques, qui veut expliquer le monde, l'appréhender rationnellement par la logique et une méthodologie digne de l'épistémologie la plus poussée des sciences sociales. Ce faisceau explique l'engagement par une analyse des conditions matérielles de l'individu, il étudie les déterminismes, imagine des corrélations, des liens causaux. 
C'est ce faisceau qui amène le militant à son bureau (quand il en a un), lui fait lire des piles de gros livres très sérieux, et lui fait donner de son temps à la participation de mystérieux cercles d'étude (qui ressemblent parfois un peu à des thérapies de groupe).
Ce faisceau est constitutif du vrai militant marxiste, maîtrisant la théorie au service d'une praxis révolutionnaire sur le bout des doigts. 

Et il y a le faisceau de la spontanéité, de l'émotion, celui qui fait passer le militant pour un hippie chevelu, un beatnik niais, un poète plein de passions. Ce faisceau est sûrement plus important que le premier, car il est davantage tourné vers la vie. Il s'incarnera peut-être plus tard dans un mode de vie alternatif, et dans tout le boboïsme si décrié, mais dans sa fleur de l'âge, il représente la pulsion de joie, et est peut-être davantage subversif que les outils quasi mathématiques dont le socialisme scientifique aimerait pourvoir le militant.

Mais de tout cela, raison ou passion, logique ou émotion, qu'on en oublie pas pour autant le but ultime du socialisme (qui se réalise peut-être individuellement à travers le militantisme révolutionnaire) : la liberté.
 


 

23:07 Écrit par Adrien Faure dans Romantisme | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg